La participation des éco-gardes de l’Institut congolais pour la conservation de la nature aux opérations militaires menées aux côtés des Forces armées de la République démocratique du Congo contre les rebelles des Forces démocratiques alliées continue de faire réagir à Beni, dans la province du Nord-Kivu.
Face aux interrogations de la population, les autorités militaires ont apporté des éclaircissements lors d’une conférence de presse conjointe organisée le 21 juin à Beni. Le porte-parole du secteur opérationnel Sokola 1, le lieutenant Marc Elongo, et celui de l’ICCN, Bienvenu Bwende, ont expliqué que l’engagement des gardes-parc résulte d’une réquisition des autorités militaires dans le cadre de la lutte contre l’insécurité persistante dans la région.
Selon les FARDC, les éco-gardes participent désormais aux opérations de traque des combattants ADF, régulièrement accusés d’être à l’origine d’attaques meurtrières contre les populations civiles du territoire de Beni. Leur présence dans les patrouilles conjointes avec la Police nationale congolaise et l’Uganda People's Defence Force a toutefois suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion locale.
Pour répondre aux critiques, le lieutenant Marc Elongo a défendu cette collaboration en soulignant que les éco-gardes restent des agents de l’État appelés à contribuer aux efforts sécuritaires lorsque les circonstances l’exigent.
« Les éco-gardes portent les armes de la République. C’est une structure de l’État congolais. Lorsqu’il y a une mobilisation pour atteindre un objectif, celui de la paix et de la sécurité de la ville de Beni, tous les moyens peuvent être mis en œuvre. Les armes que portent les éco-gardes peuvent aussi neutraliser l’ennemi, et cet ennemi, c’est l’ADF. »
Le porte-parole militaire a également appelé la population à privilégier l’unité face à la menace sécuritaire.
« Nous avons un ennemi qui tue et nous avons besoin de tout le monde. Il ne s’agit pas seulement des éco-gardes ; nous devons tous nous mobiliser pour combattre cet ennemi. Essayons d’éviter les petites querelles », a-t-il insisté.
Cette mise au point intervient alors que le débat sur le rôle des gardes-parc dans les opérations militaires se poursuit à Beni. Si leur mission première demeure la protection de la biodiversité, conformément à la législation congolaise sur la conservation de la nature, les autorités estiment que leur engagement actuel s’inscrit dans une stratégie exceptionnelle visant à renforcer la sécurité dans les zones confrontées à l’activisme des groupes armés.
Au début du mois, le déploiement des éco-gardes dans les patrouilles diurnes et nocturnes avait déjà suscité des inquiétudes, notamment parmi certains agriculteurs du territoire de Beni. Ces derniers évoquent des différends de longue date avec l’ICCN et vont jusqu’à soupçonner certains gardes-parc de complaisance envers les rebelles ADF, des accusations qui alimentent les tensions et les débats au sein de la communauté locale.
Malgré ces réserves, le gouvernement congolais a choisi d’intégrer les éco-gardes au dispositif de protection des populations civiles, considérant leur participation comme un appui supplémentaire dans les efforts visant à rétablir la sécurité dans cette partie de l’est du pays.
Le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, vient d’enregistrer deux nouvelles concessions forestières de communautés locales (CFCL).
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