Le prix des cossettes de manioc connaît une hausse notable ces dernières semaines sur le marché de Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu.
Un sac de 100 kilogrammes se négocie actuellement entre 50 000 et 55 000 francs congolais, contre environ 30 000 francs au mois de février dernier.
Selon plusieurs habitants, cette augmentation s’explique principalement par la rareté du produit sur les marchés locaux. Une situation qui, paradoxalement, suscite à la fois satisfaction et inquiétude au sein de la population.
Pour certains producteurs, cette hausse représente une opportunité économique importante. Une habitante de Kibirizi se réjouit de cette évolution, qu’elle considère comme un encouragement à relancer la culture du manioc.
"Aujourd’hui, les cossettes de manioc se vendent bien. Le sac coûte entre 50 000 et 55 000 francs congolais, mais le produit est devenu rare. Cette hausse nous motive à produire davantage. Cela nous aide à payer les frais scolaires et à subvenir aux besoins des familles. Nous souhaitons même que le prix continue d’augmenter," explique-t-elle.
Cependant, cet optimisme est tempéré par l’instabilité habituelle des prix agricoles dans la région. D’autres habitants craignent une baisse soudaine des prix, comme cela s’est déjà produit par le passé.
"Les cossettes de manioc n’ont jamais un prix stable. On peut récolter quand les prix sont élevés, mais ils chutent dès qu’on arrive au marché. Même si le prix actuel est encourageant, il faut rester prudent," souligne un autre habitant.
Cette fluctuation des prix à Kibirizi a également un impact sur les marchés environnants, notamment à Kiwanja, où le sac de 100 kg se vend désormais autour de 80 000 francs congolais, contre 60 000 francs il y a encore peu.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les perturbations des activités agricoles dans le territoire de Rutshuru, cette hausse des prix des cossettes de manioc illustre à la fois les défis d’approvisionnement et les espoirs de relance économique pour les ménages ruraux.
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