Depuis le vendredi 28 aout 2020, à la suite d’une longue et dure bataille avec la population locale, l’entreprise minière chinoise Xiang Jiang Mining a finalement renoncé à son projet d’exploitation de l’or et du diamant dans le lit de la rivière Aruwimi dans le territoire de Basoko, province de la Tshopo. Elle a donc fini par plier bagages, après que des communautés Basoko se sont mobilisées pour stopper « l’expansionnisme cupide de Xiang Jiang Mining, dans son projet d’exploitation minière au mépris des lois de la République démocratique du Congo (RDC) et des droits des autochtones ».
Un dossier sur l’exploitation minière a longtemps opposé la population riveraine d’Aruwimi à Basoko dans la province de la Tshopo (entité issue du démembrement de l’ancienne Province Orientale au Nord-Est de la République démocratique du Congo) et la société chinoise Xiang Jiang Mining, titulaire d’un permis de recherches. Et c’est sous l’impulsion de l’Association sans but lucratif dénommée « Minorité silencieuse » (MS-Asbl) qu’est montée la clameur.
Son président intérimaire, Pr. Jean de Dieu Mangambu Mokoso, a soutenu que selon la législation congolaise, un titulaire de permis de recherches ne peut, en aucun cas, mener des activités d’exploitation. Le permis de recherches confère à son titulaire le droit exclusif de mener essentiellement des recherches dans les limites de son périmètre. Et pendant les recherches, la population ne peut être déguerpie, encore moins délocalisée, a-t-il indiqué.
La Société civile locale également, aborde cette affaire sous ce même angle. Son président, M. Jean-Pierre Elonga précise qu’« Il n’y a eu ni négociations, ni cahier des charges, on a vu directement entrer les dragues robots des Chinois, c’est ainsi que la population s’est opposée. C’est de là qu’est partie le bras de fer entre la population et la société chinoise ».
Cependant, cette opposition de la population contre l’exploitation minière, jugée illégale, du lit de la rivière Aruwimi par Xiang Jiang Mining, n’avait pas plu à l’autorité provinciale, selon les sources de la Société civile. Celle-ci souligne qu’avec le concours des leaders des principales organisations communautaires de Basoko, le gouvernement de la province de la Tshopo, avait tenté une entrée en force « et machiavélique » pour imposer l’exploitation minière de la rivière Aruwimi par Xiang Jiang Mining.
Cette démarché a été désapprouvée par la députée nationale Eve Bazaïba Masudi, l’élue de Basoko, qui avait saisi le ministre national de l’Intérieur et Sécurité pour cette cause. Puisque pour elle, en voulant imposer l’exploitation sans l’aval de la population, c’est vouloir créer intentionnellement de l’insécurité.
« La délégation du gouvernement provincial est sur place (à Basoko). Elle est venue imposer l’exploitation de l’or par la société chinoise, sans l’aval de la communauté locale. Ces chinois sont en même temps dans l’exploitation illégale des forets et aujourd’hui, ils ont amené des dragues sur la rivière Aruwimi. Il y a eu des troubles dans le passé, maintenant le gouvernorat a diligenté une mission composée d’éléments de la PNC et des FARDC », a écrit la députée Eve Bazaïba, dans sa correspondance adressée au ministre.
Xiang Jiang Mining finit par capituler
Face à l’obstination de la société chinoise d’exploiter la rivière Aruwimi avec ses permis de recherches, malgré l’opposition de la communauté locale, les notabilités de Basoko avaient décidé de solliciter le concours du cabinet juridique de Me Firmin Yangambi. Et celui-ci avait demandé au ministère de tutelle d’annuler les deux permis de recherches octroyés à Xiang Jiang Mining.
« Même si le sol et le sous-sol appartiennent à l’Etat, ce dernier doit garantir la propriété privée et collective. Si les populations de Basoko, particulièrement celles de Liambi et Likombi sont expropriées de leurs terres au profit de cette entreprise chinoise, elles seront privées de leurs principaux moyens de substance », a soutenu Me Firmin Yangambi.
Pendant que l’affaire était en cours, sans attendre l’évolution des choses par voie de justice, les chinois se décident d’atteindre nuitamment Liambi. Ils seront arrêtés par les jeunes du territoire qui leur ont ravi leur embarcation (Hors bords 40 CV), tout en menaçant de détruire leur drague–robot se trouvant à Yangoma, secteur de Lokutu de l’autre rive de Basoko, a-t-on appris des sources crédibles.
Pour des observateurs, ce sera peut-être le dernier acte du drame, car l’entreprise chinoise a plié bagages, optant de ne plus exploiter les minerais de Basoko. Cette capitulation des Chinois semble inspirer aussi la communauté riveraine d’Aruwimi à Banalia, estime la Société civile.
Bokulaka Baende
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