À l’occasion de la journée nationale du poisson célébrée ce mardi en RDC, l’organisation de défense des droits humains Badilika tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : le lac Édouard, situé dans le Parc national des Virunga, est en proie à une destruction accélérée, principalement à cause de la pêche illicite alimentée par une alliance trouble entre certains agents publics, groupes rebelles et pêcheurs clandestins.
Dans une déclaration faite depuis le territoire de Rutshuru, Patrick Nguka, coordonnateur de Badilika, a dénoncé une situation devenue critique :
« Plus de 2 millions de personnes dépendent des recettes du lac Édouard. Et pourtant, on continue d’assister à sa dégradation par la complicité active de ceux qui devraient le protéger. »
Selon l’organisation, la pêche illégale s’est intensifiée au fil des mois, détruisant progressivement les écosystèmes aquatiques du lac partagé entre la RDC et l’Ouganda. Cette pression menace non seulement la biodiversité, mais aussi la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de milliers de familles congolaises vivant de la pêche.
Badilika pointe particulièrement du doigt les groupes armés, notamment la rébellion du M23, qui imposent des taxes aux pêcheurs clandestins en échange de leur droit d’accès aux zones interdites du lac.
Pire encore, la corruption s’est infiltrée jusque dans les rangs de la force navale congolaise, accusée à son tour de se livrer à la pêche illicite.
« Nous appelons la justice congolaise à agir, à punir sévèrement toutes les personnes impliquées dans la destruction de ce patrimoine naturel. Il est temps de protéger l’homme pêcheur congolais et non de le livrer à la merci des réseaux mafieux », a martelé Patrick Nguka.
Un appel à l’action gouvernementale
L’organisation plaide pour une implication urgente et ferme des autorités nationales afin de restaurer l’ordre sur le lac Édouard, renforcer la surveillance, et soutenir les communautés locales dans une pêche durable et légale.
Dans un contexte où la crise sécuritaire rend l’accès difficile aux zones protégées, l’avenir du lac Édouard – et de millions de Congolais qui en dépendent – reste suspendu à la volonté politique d’agir.
Un premier lot de 5 tonnes de poissons sera bientôt mis sur le marché de la ville d'Inongo, chef-lieu de la province du Maï-Ndombe.
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