Une alerte inhabituelle secoue les agriculteurs des groupements Luberike et Waloa Yungu, en territoire de Walikale, au Nord-Kivu. Depuis environ une semaine, des champs entiers de bananiers sont attaqués par des insectes encore non identifiés, provoquant de lourdes pertes et une vive inquiétude au sein des communautés locales.
Selon plusieurs cultivateurs, ces insectes s’attaquent directement aux tiges des bananiers en les perforant. Fragilisées, les plantes finissent par se casser et tomber, compromettant ainsi toute la production.
"Nous n’avons jamais vu une telle situation ici. Les bananiers tombent les uns après les autres. Si rien n’est fait rapidement, nous allons droit vers la faim," témoigne un agriculteur de Luberike, visiblement préoccupé.
Dans le groupement voisin de Waloa Yungu, le constat est le même. Certains champs sont déjà fortement dévastés.
"Nous dépendons des bananes pour nourrir nos familles et pour vendre au marché. Aujourd’hui, nous ne savons plus quoi faire," déplore une cultivatrice de Waloa Yungu.
Face à cette situation jugée « inédite » dans la zone, les agriculteurs disent ignorer totalement l’origine de ces insectes, dont la prolifération rapide accentue la peur d’une crise alimentaire dans les semaines à venir.
Du côté des spécialistes, les agronomes appellent au calme tout en reconnaissant la gravité de la situation.
"Nous devons d’abord identifier clairement ces insectes avant de proposer une solution définitive. Une étude approfondie est en cours pour comprendre leur origine et leur mode de propagation," explique un agronome intervenant dans la zone.
En attendant les résultats de ces analyses, des mesures préventives sont recommandées pour limiter les dégâts. Les techniciens agricoles conseillent notamment d’éviter de prélever des rejets (plants de multiplication) dans les champs déjà infestés, afin de ne pas propager les ravageurs vers d’autres plantations.
Ils recommandent également de ramasser avec précaution les insectes visibles pour les détruire par incinération dans un endroit bien déterminé, d’enfouir les déchets agricoles contaminés et de pulvériser les plants attaqués avec des insecticides appropriés, notamment à base de pyréthrines.
"La collaboration des agriculteurs est essentielle pour contenir cette menace. Si les mesures sont respectées rapidement, nous pouvons limiter la propagation," insiste un autre agronome.
Pour l’instant, l’inquiétude reste vive dans ces zones rurales où la banane constitue un aliment de base et une source essentielle de revenus. Les agriculteurs espèrent une intervention rapide des autorités et des services agricoles pour éviter une catastrophe alimentaire annoncée.
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