Plusieurs carcasses d’hippopotames ont récemment été découvertes dans la rivière Semuliki, à proximité du Parc national des Virunga, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans un communiqué publié ce vendredi 25 septembre 2026, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) appelle les populations riveraines à la vigilance, alors que l’origine de cette mortalité inhabituelle n’est pas encore connue.
La direction provinciale de l’ICCN, en collaboration avec les autorités sanitaires, indique que des analyses de laboratoire sont en cours afin de déterminer les causes de la mort des animaux. Cette situation intervient dans un contexte marqué par la réapparition récente de cas de charbon bactéridien, également appelé anthrax, dans certaines zones du Parc national des Virunga.
En avril 2025, un épisode de cette maladie avait notamment été enregistré dans la zone du lac Édouard. Plus récemment, un cas confirmé a été signalé en août 2026 dans le secteur central du parc, en territoire de Rutshuru.
L’ICCN déconseille tout contact avec les carcasses
Dans l’attente des résultats des analyses, les autorités recommandent aux populations de ne pas toucher, déplacer, découper, ouvrir, enterrer ou brûler les carcasses d’hippopotames retrouvées mortes.
La consommation, l’achat, la vente ou le transport de viande provenant d’un animal mort ou malade sont également déconseillés, y compris lorsque cette viande a été cuite, séchée ou fumée.
L’ICCN demande par ailleurs aux habitants d’éloigner les enfants, le bétail et les animaux domestiques des carcasses et des zones concernées. Les populations sont également invitées à éviter d’utiliser l’eau située à proximité des animaux morts et à privilégier une source d’eau sûre ou correctement traitée.
Le respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage régulier des mains à l’eau propre et au savon, est également recommandé.
Toute nouvelle carcasse ou mortalité inhabituelle doit être signalée immédiatement aux autorités locales, aux services vétérinaires, aux relais communautaires ou aux agents de l’ICCN.
Les personnes ayant été en contact avec un animal mort, malade ou avec une viande suspecte sont invitées à consulter rapidement une structure de santé en cas d’apparition de symptômes inhabituels.
Cette nouvelle alerte intervient quelques semaines après la confirmation d’un cas de charbon bactéridien chez un hippopotame retrouvé mort dans le secteur central du Parc national des Virunga, dans la zone de santé de Kibirizi, en territoire de Rutshuru.
Selon une alerte sanitaire publiée le 14 août 2026 par la zone de santé de Kibirizi, l’animal avait été découvert mort au cours de la première quinzaine du mois d’août. Les analyses de laboratoire avaient confirmé la présence de la bactérie responsable de l’anthrax.
La situation avait suscité des inquiétudes en raison du risque potentiel de transmission à l’être humain. D’après les autorités sanitaires, certains habitants auraient récupéré et emporté des morceaux de viande provenant de l’hippopotame avant que la nature de sa maladie ne soit connue.
La mortalité des hippopotames liée à l’anthrax n’est pas un phénomène nouveau dans le Parc national des Virunga. En avril 2025, des cas de cette maladie avaient déjà été associés à la mort de plusieurs hippopotames dans le secteur lacustre du parc, notamment aux environs de la rivière Ishasha, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda.
Face à la découverte des nouvelles carcasses dans la rivière Semuliki, les autorités appellent les populations riveraines à rester calmes et vigilantes jusqu’à la publication des résultats des analyses.
Les mesures de précaution resteront en vigueur jusqu’à la diffusion de nouvelles directives. La direction provinciale de l’ICCN remercie les autorités locales, les services sanitaires et vétérinaires ainsi que les leaders communautaires pour leur collaboration.
Josué Mutanava, à Goma
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