Les analyses effectuées sur les carcasses de plusieurs hippopotames retrouvées dans la rivière Semuliki, à proximité du Parc national des Virunga, ont confirmé la présence du charbon bactéridien, également appelé anthrax. L’annonce a été faite par la Direction provinciale de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) au Nord-Kivu dans un communiqué publié ce mardi 29 septembre 2026.
Cette confirmation intervient quelques jours après la découverte de plusieurs carcasses d’hippopotames dans la rivière Semuliki. Dans un premier communiqué publié le 25 septembre, l’ICCN avait appelé les populations riveraines à la vigilance, alors que la cause de cette mortalité inhabituelle n’était pas encore établie. Des analyses avaient alors été lancées conjointement par les équipes de l’ICCN et les vétérinaires de Virunga Doctors.
Selon le nouvel avis, ces analyses ont finalement établi que la mort des hippopotames était liée au charbon bactéridien. Un protocole de riposte a été mis en place afin de contenir la situation.
Le charbon bactéridien est une maladie qui peut se transmettre à l’être humain par contact avec un animal infecté ou sa carcasse, mais également à travers la consommation de viande contaminée. Les autorités recommandent ainsi aux populations riveraines de ne pas manipuler les animaux retrouvés morts.
L’ICCN demande notamment de ne pas toucher, déplacer, découper, enterrer ou brûler les carcasses. La consommation, l’achat, la vente ou le transport de viande provenant d’un animal retrouvé mort ou malade sont également interdits dans les mesures de précaution communiquées aux populations.
Les enfants, le bétail et les animaux domestiques doivent être éloignés des carcasses. Les habitants sont également invités à éviter d’utiliser l’eau à proximité des animaux morts.
Toute nouvelle carcasse ou mortalité inhabituelle doit être signalée immédiatement aux autorités locales, aux services vétérinaires, aux relais communautaires ou aux agents de l’ICCN. Les personnes qui auraient été en contact avec un animal mort ou malade, ou qui auraient consommé une viande suspecte, sont appelées à consulter rapidement une structure de santé en cas d’apparition de symptômes.
Une nouvelle alerte après un cas confirmé à Vitshumbi
Cette nouvelle mortalité intervient quelques semaines après la confirmation d’un autre cas de charbon bactéridien chez un hippopotame retrouvé mort dans le secteur central du Parc national des Virunga, dans la zone de santé de Kibirizi, en territoire de Rutshuru.
Selon l’alerte sanitaire publiée en août par la zone de santé de Kibirizi, l’animal avait été retrouvé mort au début du mois dans le parc. Les analyses de laboratoire avaient confirmé la présence de la bactérie responsable de l’anthrax. Des habitants auraient également récupéré une partie de la viande de l’animal avant que la nature de sa maladie ne soit connue.
La situation rappelle un précédent épisode survenu en avril 2025 dans la région du lac Édouard. À cette période, près de 50 hippopotames étaient morts dans les eaux du lac Édouard et des rivières du Parc national des Virunga, avec des analyses ayant confirmé l’anthrax.
Face à la découverte des nouvelles carcasses dans la Semuliki, l’ICCN appelle les populations riveraines à rester calmes et vigilantes. La Direction provinciale de l’ICCN et ses partenaires indiquent poursuivre le suivi de la situation et promettent de communiquer toute nouvelle directive en fonction de son évolution.
Josué Mutanava, à Goma
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