Les écogardes de l’unité anti-braconnage du parc national de l’Upemba, situé dans la province du Haut-Katanga, ont remporté le prix « Best Ranger Team » aux African Conservation Awards 2026. Cette distinction récompense la meilleure équipe d’écogardes et salue leur engagement dans la protection de la faune sauvage et la lutte contre le braconnage.
L’annonce a été faite depuis le mardi 13 octobre dernier par la Game Rangers Association of Africa (GRAA). Selon la direction du parc national de l’Upemba, la distinction sera remise prochainement lors d’une cérémonie officielle.
Cette récompense met en lumière le courage, le dévouement et le professionnalisme des écogardes, qui assurent la surveillance de cette aire protégée malgré des conditions de travail difficiles, notamment l’insécurité et l’insuffisance des moyens financiers consacrés à la conservation de la biodiversité.
La direction du parc se félicite de cette reconnaissance, qui valorise le travail des équipes engagées sur le terrain. Pour Christine Lain, directrice du parc national de l’Upemba et représentante de Forgotten Parks, partenaire de l’État congolais dans la gestion de cette aire protégée, les écogardes jouent un rôle essentiel dans la préservation du patrimoine naturel au profit des générations futures.
Des écogardes confrontés à l’insécurité
Cette distinction intervient dans un contexte marqué par des risques sécuritaires pour les agents chargés de la protection du parc. Selon Antonio Longangi, chargé de communication du parc national de l’Upemba, les écogardes ont été victimes de plusieurs attaques cette année, qui ont coûté la vie à certains de leurs collègues.
En mars 2026, le quartier général du parc, situé à Lusinga, à environ 45 kilomètres de Mitwaba, avait notamment été attaqué par des éléments Maï-Maï Bakata Katanga. L’assaut, précédé de plusieurs heures d’échanges de tirs avec les écogardes, avait fait trois morts parmi ces derniers et quatre parmi le personnel civil. Les assaillants avaient également pris le contrôle du site et emporté des armes ainsi que d’autres équipements après avoir pillé l’armurerie.
Malgré ces menaces, les équipes poursuivent leurs activités de surveillance et de protection de la faune. Pour Antonio Longangi, l’histoire du parc national de l’Upemba témoigne de la détermination des écogardes, dont l’engagement dépasse le cadre d’une simple activité professionnelle, malgré les investissements limités dans la conservation de la biodiversité.
« Cette reconnaissance tient compte de la situation globale et internationale de la conservation de la nature, avec l’Upemba qui présente un contexte particulier, où l’idée même de conservation est problématique, malgré cela, et guidées par l’aspiration de faire du PNU un moteur vert du développement local, les équipes se sont ressaisies, et nous avons pu changer de mode opératoire pour maintenir l’élan de renaissance de ce parc jadis oublié. L’Upemba a un rôle central à jouer dans la survie du bassin du Congo (dernier poumon fonctionnel de la planète) et dans l’épanouissement des communautés riveraines, qui ont vécu les horreurs de la guerre en RDC. Ce paradigme demeure essentiel, au vu du sacrifice des écogardes et du personnel civil encore opérationnels pour la protection de ce joyau naturel de la RDC. Si on ne le fait pas, qui d’autre le fera ? », s'interroge Antonio Lungangi, responsable de la communication au sein du parc national de l'Upemba.
Une faune en reprise malgré les pressions
Le parc national de l’Upemba reste confronté à la pression des braconniers et de certains exploitants, alors que des signes de reprise de la faune sont observés. Parmi les évolutions relevées figurent la réapparition de l’antilope lechwe et l’augmentation progressive de la population de zèbres, l’une des espèces emblématiques de cette aire protégée.
Créé en 1939, le parc national de l’Upemba couvre environ 1 773 000 hectares. Il abrite une biodiversité importante, comprenant notamment des zèbres, des antilopes rouannes, des élans du Cap, des bubales, des grands koudous, des éléphants et des buffles.
Cependant, l’émergence de mouvements armés dans la région a accentué l’insécurité, mettant en danger aussi bien les espèces sauvages que le personnel chargé de leur protection. Le renforcement de la sécurité dans cette zone, notamment par le déploiement d’officiers du Corps pour la réhabilitation des parcs nationaux (CorPPN), est évoqué parmi les pistes avancées pour mieux protéger le site.
Josué Mutanava, à Goma
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