Lors d’une conférence donnée le mardi 28 janvier dernier à l’Université catholique au Congo (UCC), campus de Mont-Ngafula, à l’occasion de la Fête patronale de Saint Thomas d’Aquin, le professeur Dieudonné Musibondo, conseiller spécial du Président de la République en matière de l’Environnement et Développement durable, s’est appesanti autour du thème : « La gestion intelligente de l’environnement comme clé du développement en Rdc. Que faire ? ».
Et cette conférence inaugurale s’est greffée sur trois volets essentiels. D’abord l’émergence d’une économie de l’environnement, dans laquelle le processus de production, le processus d’échange des biens et services, se trouvent désormais intimement liés à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles.
Deuxièmement, c’est le lien inentamable entre l’environnement et le développement durable, compris non seulement en termes de satisfaction des besoins primaires, mais en termes de respect de la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels, et surtout aux besoins des générations futures.
La troisième chose c’est la nécessité pour les Etats de mettre sur pied et sans délai, une politique environnementale appuyée sur des lois, sur des procédures, sur des directives, sur des réglementations, sur des normalisations et sur des certifications. Et cette politique devra rester ouverte à celles des autres nations en termes des décisions politiques, des stratégies, des programmes, et surtout des projets en interne ou en coopération.
En sa qualité de scientifique, le professeur Musibondo a également une vue éclairée et holistique sur le problème, d’autant plus qu’il est conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière environnementale depuis 2019. Et abordant la question du changement climatique, il a affirmé que la Rdc n’est pas responsable de la pollution sur le plan international. Au contraire, souligne-t-il, la RDC détient les forêts, les savanes, qui séquestrent le gaz à effet de serre.
Le conseiller spécial du Président de la République estime quant à lui que è, et utiliser rationnellement ses minerais stratégiques. L’hydro-énergie, le vent, le soleil, la biomasse, la bio-thermie, les vagues, devraient être exploités au bénéfice des pays et des autres continents.
« Quand on décrit les questions environnementales, on ne peut pas passer sans dire un mot sur le changement climatique et la RDC qui constitue la solution. Le changement climatique c’est l’un des sept défis majeurs environnementaux mondiaux. C’est le deuxième défi qui est rattaché à la pollution. Nous polluons et nous émettons des gaz à effet de serre, parce que nous utilisons les combustibles fossiles, c’est-à-dire le pétrole, les gaz naturels et le charbon. Nous émettons le dioxyde de carbone. Et l’atmosphère est saturée en dioxyde de carbone. Il y a un réchauffement et ça perturbe le climat. Mais la RDC comme pays, n’est pas responsable de cette situation, parce que quand nous regardons la quantité de ce que nous émettons comme dioxyde de carbone, c’est dérisoire par rapport à notre capacité de séquestrer ce gaz grâce à la photosynthèse des arbres. On a la forêt, on a la savane, on a les algues dans l’eau…, et notre faible capacité d’industrialisation du pays nous maintiennent à l’abri du changement climatique », a-t-il expliqué.
Et de déclarer que : « Nous sommes des victimes. Mais comme victime, la RDC est en même temps la solution. Le monde devrait s’appuyer sur la RDC pour résoudre les problèmes de l’environnement mondial et des changements climatiques. Et même d’ailleurs pour les ressources stratégiques, la RDC constitue un stock important. Le monde pour s’industrialiser a besoin des ressources naturelles dont certaines plus stratégiques comme le coltan et le cobalt se trouvent chez nous. Nous sommes une réserve importante de coltan et de cobalt qui sont deux métaux hautement stratégiques du point de vue industriel. Mais malheureusement, nous sommes restés au niveau de cueillette, on exporte, et cela va enrichir les étrangers et non nous-mêmes ».
Le professeur Dieudonné Musibondo a aussi soutenu que « La RDC c’est la solution parce que la source de ce phénomène étant des types d’énergie utilisés, la solution est également énergétique. Nous avons l’hydro-énergie (l’hydroélectricité), le vent, le soleil, la biomasse, le volcan avec la géothermie, et même la marée motrice à Moanda (les vagues de l’océan), peuvent être convertis en électricité, et il n’y a pas émission de dioxyde de carbone. Donc, si on arrivait à exploiter, ne fût-ce que le potentiel hydroélectrique de la RDC (plus de 100 gigawatt) dont 44.000 mégawatts localisés au Grand Inga dans le Kongo Central, on électrifierait toute l’Afrique, le Sud de l’Europe et le Moyen-Orient. Et donc, on réduirait la consommation du charbon, du pétrole pour produire de l’électricité. Et nous sommes la solution. Malheureusement l’égoïsme des capitalistes empêche que ce projet (Grand Inga) puisse voir le jour parce qu’il faut beaucoup de milliards à investir (plus de 100 milliards de dollars américains) ».
Environnement, gestion intelligente et développement durable, quid ?
Signalons qu’à l’entame de son sujet du jour, le conseiller spéciale du Chef de l’Etat en matière environnementale est parti d’un constat paradoxal, celui de l’indigence de la population congolaise à côté des richesses potentielles du pays. Ce, avant de définir trois concepts opératoires : l’environnement, la gestion intelligente et le développement durable.
« Nous vivons de notre environnement et nous vivons dans notre environnement. On se développe grâce aux ressources de son environnement. Il n’y a pas un développement importé, il n’y a pas une richesse importée qui crée la prospérité. La prospérité on la construit localement à partir des ressources endogènes », a-t-il dit par rapport au premier concept de l’environnement.
Quant au deuxième concept de la gestion intelligente, le professeur affirme que « C’est l’utilisation rationnelle de tout ce que nous avons comme ressource pour les convertir en biens et services. Parce qu’on ne vit pas des ressources. Les ressources sont des ressources potentielles. Mais on vit des richesses réelles qui sont les biens et services. Et les biens et services sont convertis grâce à l’intelligence humaine. On utilise l’intelligence humaine pour convertir les potentialités en richesses réelles dont nous vivons. Mais la Rdc bien sûr est restée très riche en termes des potentialités, parce que l’intelligence congolaise n’a pas encore réussie à convertir les ressources en richesses réelles. Pourtant nous formons des universitaires chaque année ».
Et pour le dernier concept de développement durable, il l’a expliqué en ces termes : « Le développement tout court c’est le bien-être communautaire et individuel qui consiste à la conséquence du partage équitable de la richesse créée. Donc on crée la richesse et on la redistribue équitablement pour combattre la pauvreté. Le premier pilier c’est le pilier économique. Il faut créer les richesses par le travail. L’économie viable s’accompagne de la création des richesses réelles. L’exportation des grumes, des minerais bruts, ne signifie pas créer les richesses réelles. Là c’est une démarche de survie… Dans nos républiques bananières, la richesse créée profite généralement à la classe dirigeante. Et pendant près de 60 ans, la RDC a connu ce système, c’est-à-dire, la richesse nationale est confisquée par une minorité dirigeante et qui renvoie tout le monde à la pauvreté durable ».
La RDC doit construire un écosystème industriel
Dans sa conférence, le professeur Dieudonné Musibondo a dressé un tableau sombre de la République démocratique du Congo, et il s’est préoccupé d’une question, celle de savoir, pourquoi les Congolais sont pauvres, alors que le pays est potentiellement riche ? Et il a répondu que c’est parce que le politique, le leadership est médiocre.
Le professeur a relevé quelques défis, entre autres, le système de gouvernance médiocre, médiocrité de la classe universitaire, l’égoïsme et la prédation des richesses, la politique toxique avec émergence des antivaleurs, la résignation des intellectuels congolais, l’absence de la recherche qui aggrave le sous-développement, l’absence de l’industrie, car on ne produit ni bien ni service, l’absence des données des compétences nationales, etc. Tous ces maux, affirme-t-il, ont comme conséquences la pauvreté absolue et le sous-développement.
Voilà pourquoi il propose une solution à trois niveaux : qu’on revoie le système éducatif, qu’on construise un écosystème industriel, et la promotion de la justice sociale distributive.
« Il faudra construire un écosystème industriel. Le premier niveau de l’écosystème industriel nous l’avons, les matières premières. Il faut s’assurer de la disponibilité des matières premières et de l’énergie. C’est la première étape de l’écosystème industriel. Nous avons la matière première à revendre. Nous avons le potentiel énergétique énorme. D’ailleurs, on moment où on parle du changement climatique, la RDC est une réponse. Nous avons l’énergie à revendre, mais c’est question de rendre cette énergie potentielle en énergie réelle pour ne pas manquer l’énergie pour transformer nos matières premières. Deuxième niveau qui est le plus important dans l’écosystème industriel, c’est le rôle de la recherche scientifique et technologique, l’intelligence, l’usine, le secret industriel, c’est faire des inventions des chercheurs… Parce qu’on ne consomme pas les ressources, on consomme les biens, et on consomme les services qui sont le fruit de la réflexion intellectuelle. La troisième condition pour que la gestion intelligente de l’environnement du Congo soit la clé de notre développement c’est la justice sociale distributive… Chacun doit vivre de son travail. C’est ça la redistribution équitable ».
Bokulaka Baende
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