Dans son discours d’ouverture de la session ordinaire d’avril 2021 du Conseil économique et social (C.E.S) de la République démocratique du Congo, le président de cette institution d’appui à la démocratique, M. Jean-Pierre Kiwakana Kimayala, a affirmé que la RDC, avec ses forêts et ses cours d’eau, a un grand rôle à jouer dans la protection du climat et la prévention des calamités naturelles. « Mais lorsque, par nos activités, nous bafouons les règles de la nature, c’est le pays qui paie le prix lourd : catastrophes, pluies diluviennes, inondations, glissements de terrain, érosion côtière… », a-t-il déclaré.
Il a indiqué que plusieurs des quartiers à travers le pays subissent ces derniers temps des inondations d’une intensité considérable, suivies d’énormes dégâts matériels et, malheureusement, de pertes en vies humaines. Et il cite entre autres, les inondations à Uvira (Sud-Kivu), à Kinshasa et dans plusieurs villes et cités de la RDC, le phénomène d’érosion à Kananga, à Bukavu, à Kinshasa, de fortes crues du fleuve Congo, l’érosion côtière à Muanda au Kongo-central.
Autrefois un paysage de carte postale, aujourd’hui la ville de Muanda est frappée par l’érosion côtière, a-t-il décrit. « Un cauchemar pour les populations qui voient leur habitat de plus en plus menacé par l’avancée de la mer sur les terres; un phénomène d’origine naturelle, aux causes multiples et qui, jusqu’à récemment, se régulait de lui-même. Et l’une des causes principales est sans doute l’élévation du niveau de la mer due au réchauffement de la planète », a-t-il fait savoir.
Il démontre encore dans son speech que les impacts liés à l’érosion côtière sont essentiellement d’ordre social et économique. Sur le plan social, explique-t-il, les populations affectées se retrouvent en général dans une situation précaire et à terme, risquent de devenir des refugiés climatiques dans leur propre pays.
Sur le plan économique, ajoute-t-il, les activités comme la pêche sont affectées. Le secteur du tourisme, essentiellement balnéaire, est lui aussi très affecté ; les hôtels situés sur la côte ont perdu l’essentiel de leurs plages.
Pour atténuer les effets néfastes de l’érosion côtière à Muanda, a-t-il souligné, le Conseil économique et social encourage les efforts en cours du Gouvernement de la République, avec l’accompagnement des partenaires dont le PNUD, pour renforcer davantage la résilience des populations. Ce, afin de les rendre capables de faire face aux changements climatiques (construction d’ouvrages de protection en dur, mais aussi par des solutions, en harmonie avec la nature, comme la plantation des bambous et des roseaux).
Au-delà des engagements des partenaires, soutient M. Jean-Pierre Kiwakana, la responsabilité politique et économique est à l’Etat congolais à qui il revient de droit le devoir de protéger la côte de Muanda dont l’importance stratégique n’est pas à démontrer. « C’est la seule sortie de la République démocratique du Congo vers l’océan grâce à laquelle la RDC avec ses 40 km de côte empêche le pays d’être enclavé. C’est tout dire », précise-t-il.
Il suggère en effet quelques pistes de solution pour sauver la côte de Muanda. Il dit que spécifiquement pour ce qui est de l’érosion côtière, il y a nécessité de construire une barrière naturelle, mais surtout sauver les mangroves qui sont l’une des zones riches en biodiversité et en stocks carbone. Malheureusement, plus de 45 % de leurs superficies sont perdues au cours des 20 dernières années, a-t-il affirmé.
Le président du Conseil économique et social pense aussi qu’il y a lieu de réfléchir sur la pertinence des interventions existantes. Quelle est leur soutenabilité, leur viabilité ? Mais aussi sur quel rôle pour les communautés locales ? Comment les placer réellement dans la mise en œuvre des solutions durables en amont des causes et en aval des solutions aux conséquences climatiques comme la montée des eaux à Muanda et dans le Bassin du Lac Tanganyika.
Il faut aussi réfléchir selon lui, sur le rôle de l’Etat, dont le premier mandat est de garantir à chaque citoyen la jouissance d’un environnement sain et propice à son épanouissement intégral. L’on doit également réfléchir sur quel modèle de gouvernance prospective la RDC devrait se doter pour bâtir son modèle de développement résilient au changement climatique, sobre en carbone, mais surtout inclusive et bénéfique pour ses populations.
Il a salué le fait que le Gouvernement de la République s’est doté d’un programme communautaire de riposte à l’urgence climatique « 1 milliard d’arbres 2023 », visant à restaurer 3 millions d’hectares, sauver 1 million d’hectares de forêt primaire et conserver 10 millions d’hectares de coffre-fort carbone comme les mangroves, tourbières, forêts denses, etc.
Il estime en effet qu’il est temps de poser les bonnes questions pour y trouver les bonnes et durables réponses. D’où la nécessité d’avoir un projet holistique mettant les communautés au cœur des solutions, suggère-t-il.
Bokulaka Baende
Le Vice-Premier ministre en charge de l'intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a procéd
Le Monkeypox, également connu sous le nom de variole du singe, est une maladie virale qui a récemment attiré l'attention en raison de plusieurs cas
En République démocratique du Congo, le Président de la République Félix Tshisekedi a promulgué le 14 novembre dernier la loi p
La justice belge a condamné trois personnes à des peines allant jusqu’à 8 mois de prison ferme et à une amende allant jusqu’à 8 000€ pour avoir imp