L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a condamné l’abattage d’un éléphant survenu dans la nuit de lundi à mardi 5 avril 2026 à Nyakakoma, une enclave de pêche située dans le groupement de Binza, territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
L’animal, appartenant au Parc national des Virunga, aurait été atteint par des tirs d’armes dans une zone présentée comme étant sous contrôle de la rébellion de l’AFC/M23. Son incursion dans la localité avait provoqué un mouvement de panique au sein de la population.
Alertées après des coups de feu signalés dans la pêcherie de Nyakakoma, des équipes de l’ICCN se sont rendues sur place et ont constaté qu’un éléphant avait été touché par balle et gisait au sol. Les premiers éléments recueillis indiquent qu’un militaire présenté comme appartenant au M23 aurait tenté de refouler l’animal, occasionnant l’incident. L’ICCN a qualifié ces faits de sabotage des efforts de conservation menés dans la zone et a ouvert une enquête afin d’établir les responsabilités et de traduire les auteurs devant la justice.
Ces informations ont été confirmées lors d’une interview exclusive accordée à ACTUALITÉ.CD par Méthode Uhoze, directeur des relations extérieures du Parc national des Virunga, qui a précisé les circonstances de l’incident et réaffirmé la position de l’ICCN condamnant cet acte.
Selon la direction du parc, l’acte est d’autant plus préoccupant que Nyakakoma se situe en plein cœur de l’aire protégée, où des équipes spécialisées sont disponibles pour intervenir lors des incursions de la faune. L’ICCN souligne que le recours à ces équipes n’a pas été sollicité, ce qui renforce la nécessité de poursuivre les investigations.
« Nous avions appris aussi qu’il y a eu des coups de feu dans la pêcherie de Nyakakoma, qui est une des pêcheries situées dans le Parc national des Virunga. Une fois les écogardes de l’ICCN se sont rendus compte de ce qui a été à l’origine de ce tir, ils se sont rendus compte qu’il y a un éléphant qui a été touché par balle et qui gémissait sur terre. Ils ont essayé de comprendre dans quelles circonstances, et c’était un militaire du M23 qui aurait commis ce forfait. Ce présumé militaire s’est expliqué que cet animal est venu et qu’il voulait le refouler ; en le refoulant, voilà comment il y a eu cet incident », a-t-il fait savoir.
Et d’ajouter :
« À notre niveau, nous avons condamné cet acte, car c’est un acte qui vient quand même décourager tous les efforts que nous avons entrepris dans cette zone. C’est une zone que l’ICCN a stabilisée un moment. Ça fait maintenant presque six ans que nous nous sommes concentrés dans cette zone pour la stabiliser, en essayant un peu de réduire tous les conflits avec les communautés, en construisant la clôture entre Ishasha et les champs des habitants, une façon d’empêcher ces animaux de se retrouver dans les zones des communautés. Mais pour le cas spécifique de Nyakakoma, qui est situé en plein parc, nous avons des équipes spécialisées pour le refoulement. Notre inquiétude, c’est de voir les militaires qui n’ont pas fait appel à nos équipes qui sont spécialisées pour appuyer. S’il y avait besoin de faire le refoulement, c’est pourquoi nous pensons que l’enquête devrait se poursuivre pour informer les faits qui ont été présentés afin de punir celui qui aurait commis ce forfait, car ce n’est pas vraiment un bon exemple dans une zone de conservation. Perdre un éléphant comme ça, c’est quand même douloureux.Un message que je pourrais donner aux populations de Nyakakoma, c’est de les rassurer que l’ICCN est en train de fournir des efforts pour mettre la clôture autour de la localité de Nyakakoma, et ça sera une solution durable que l’ICCN voudrait apporter à cette population pour éviter que les animaux sauvages approchent dans des zones habitées », a-t-il rassuré.
Depuis 2020, l’ICCN indique travailler à la stabilisation de la cohabitation entre les populations riveraines et l’aire protégée, notamment par la réduction des conflits liés aux limites du parc. Des dispositifs de protection ont été mis en place, dont la construction de clôtures afin d’empêcher les animaux sauvages d’accéder aux zones habitées. Dans le cas spécifique de Nyakakoma, un projet de clôture est annoncé comme solution durable pour limiter les incursions.
Ces efforts ont contribué au retour progressif des éléphants en République démocratique du Congo après des déplacements liés à l’insécurité. Les données de conservation font état de plus de 1 500 éléphants recensés dans la zone. Pour la direction du parc, la sanction des auteurs de l’abattage est essentielle afin de préserver les acquis en matière de conservation et de garantir une cohabitation pacifique entre l’homme et la faune.
Josué Mutanava, à Goma
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