Les habitants du groupement de Binza, situé dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, lancent un cri d’alarme face à la recrudescence des incursions d’éléphants provenant du Parc national des Virunga. Ces animaux sauvages envahissent régulièrement les zones agricoles autour de l’agglomération de Nyamilima, causant d’importantes pertes aux cultivateurs.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des vastes superficies de champs ont été détruites ces dernières semaines. Les éléphants s’attaquent principalement aux cultures vivrières telles que le manioc, le maïs, les bananiers et d’autres produits essentiels à la subsistance des ménages. Cette situation compromet sérieusement les récoltes attendues et accentue la vulnérabilité alimentaire des familles locales.
Les agriculteurs affirment avoir à plusieurs reprises alerté les services compétents, notamment l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), sans obtenir jusque-là de réponse satisfaisante. Ils dénoncent une absence d’actions concrètes alors que les dégâts continuent de s’aggraver.
"Les éléphants détruisent nos champs presque chaque semaine. Nous perdons nos moyens de subsistance et nous craignons de manquer de nourriture dans les prochains mois," confie un cultivateur de Nyamilima.
Au-delà des pertes économiques, les populations soulignent également les risques sécuritaires liés à ces intrusions. Les tentatives de repousser les pachydermes exposent les habitants à des accidents graves, voire mortels, en raison de l’agressivité que peuvent manifester ces animaux lorsqu’ils se sentent menacés.
Les communautés riveraines demandent aux autorités et à l’ICCN de mettre en œuvre des mesures préventives avant le début de la prochaine saison culturale. Parmi les solutions proposées figurent le renforcement de la surveillance aux limites du parc, l’installation de dispositifs de protection des champs ainsi que la mise en place d’un système d’alerte rapide pour prévenir les populations.
Cette nouvelle série d’incursions relance le débat sur la cohabitation entre les communautés locales et la faune sauvage du Parc national des Virunga. Dans une région déjà confrontée à des nombreux défis sécuritaires et socio-économiques, la recherche d’un équilibre entre la conservation de la biodiversité et la protection des moyens de subsistance des populations apparaît plus que jamais comme une nécessité.
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