L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), avec l’appui de la Fondation Virunga et en étroite collaboration avec les habitants de la pêcherie de Nyakakoma, a achevé la construction d’une clôture électrique de 7,7 kilomètres autour de la pêcherie Ndeze, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.
Cette infrastructure vise à réduire durablement les conflits entre les populations riveraines et la faune sauvage du Parc national des Virunga. Elle doit notamment empêcher les animaux de quitter leur habitat naturel pour s’aventurer dans les zones habitées.
La clôture a été érigée à l’issue d’un processus de démarcation participative, de plusieurs séances de sensibilisation sur ses avantages et de la mise en œuvre de projets de développement communautaire, notamment la réalisation d’un forage d’eau potable et la remise en service de la chambre froide de la pêcherie.
Selon Olivier Mukisya, officier d’éducation environnementale au Parc national des Virunga, l'installation doit également contribuer à réduire les mouvements des animaux sauvages qui détruisent les cultures en dehors du parc. Le courant utilisé est alternatif et conçu pour repousser les animaux sans leur causer de blessures.
« Avec l’expérience acquise dans d’autres localités où la clôture électrique a été installée, les animaux sont repoussés bien avant d’atteindre les fils électrifiés et renoncent à franchir les limites du parc. Cela réduit considérablement les incursions dans les champs et les dégâts causés aux cultures des riverains, non seulement les animaux restent dans leur habitat naturel, mais les hommes ont également moins facilement accès à l’intérieur du parc pour y mener des activités illégales. C’est un outil important de prévention des conflits entre les communautés et l’ICCN », explique Olivier Mukisya.
L’ICCN indique que la construction de cette clôture vise également à protéger les habitants des pêcheries du lac Édouard, qui fait partie intégrante du Parc national des Virunga. À Nyakakoma, plusieurs animaux sauvages, notamment des prédateurs comme les lions, vivaient à proximité de la population.
La clôture électrique devrait également renforcer la sécurité, en limitant sensiblement les mouvements des groupes armés entre la pêcherie Ndeze, dans l'enclave de pêche de Nyakakoma, et le Parc national des Virunga.
L’ICCN a par ailleurs remis en fonctionnement la chambre froide offerte à la population de Nyakakoma. Cette infrastructure doit permettre de mieux conserver les poissons et les vaccins. Un forage est également en cours afin de faciliter l'accès à l'eau potable et d'éviter aux habitants de se rendre au lac, où ils sont exposés aux attaques des caïmans et des hippopotames.
Le lac Édouard, qui borde le Parc national des Virunga, abrite une importante population d’hippopotames. Si ces animaux sont protégés en raison de leur importance écologique, ils sont également à l'origine de plusieurs incidents impliquant les communautés riveraines, notamment les pêcheurs qui exercent leurs activités à proximité de leur habitat naturel.
Située sur les rives du lac Édouard, la pêcherie Ndeze de Nyakakoma occupe une place particulière au sein du Parc national des Virunga. Héritière d’un statut historique datant de 1964, elle bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance spécifique de l’ICCN et fonctionne selon un modèle de gestion intégré. La gérance de la pêcherie assure l’organisation quotidienne des activités de pêche, tandis que l’ICCN veille à la régulation des activités, au contrôle et au suivi scientifique des ressources halieutiques.
Les écogardes assurent, quant à eux, la protection du lac et des zones de pêche interdites, en collaboration avec les autorités de la pêcherie et les pêcheurs.
Pour rappel, sur les eaux du lac Édouard, à Kamandi-Lac, dans le territoire de Lubero au Nord-Kivu, un pêcheur a perdu la vie après avoir été attaqué par un caïman, jeudi 16 juillet 2026.
Selon des sources locales, la victime exerçait ses activités de pêche lorsqu'elle a été happée par le reptile. Les recherches menées peu après le drame ont permis de retrouver les restes de son corps, qui ont été repêchés le même jour avant d'être remis à sa famille pour l'organisation des funérailles.
Les habitants de Kamandi-Lac vivent principalement de la pêche, une activité essentielle à l'économie locale. Cependant, cette profession expose régulièrement les pêcheurs à de nombreux risques, notamment les intempéries, les noyades et la présence d'animaux sauvages tels que les caïmans et les hippopotames, particulièrement dans certaines zones du lac Édouard.
Josué Mutanava, à Goma
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