Dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, les efforts engagés par les communautés locales pour préserver les forêts commencent à produire des résultats encourageants. À travers les concessions forestières des communautés locales, plusieurs espèces de produits forestiers non ligneux, autrefois devenues rares, sont progressivement réapparues.
Parmi ces produits figure notamment le champignon sauvage, très apprécié par les populations locales pour sa valeur alimentaire et économique. Sa présence, autrefois de plus en plus limitée dans certaines zones, est aujourd’hui à nouveau observée dans plusieurs espaces forestiers préservés.
Selon les membres des communautés locales, cette évolution est liée aux mesures prises pour réduire la pression exercée sur les forêts. La limitation de certaines activités agricoles, la réduction des coupes abusives de bois ainsi que la sensibilisation sur l’importance de préserver les écosystèmes ont permis à certaines ressources naturelles de se régénérer.
Aluta Sebastien, un habitant impliqué dans la conservation explique que le retour des champignons constitue un signe encourageant.
"Avant, nous pouvions passer plusieurs jours sans trouver de champignons dans la forêt. Aujourd’hui, dans les espaces que nous protégeons, nous recommençons à en trouver. Cela montre que lorsque nous laissons la forêt se régénérer, elle nous redonne aussi ce dont nous avons besoin pour vivre."
Pour cette communauté, le champignon représente à la fois une source de nourriture et une petite activité génératrice de revenus. Pendant les périodes de récolte, certaines familles en collectent pour leur consommation, tandis que d'autres les vendent sur les marchés locaux.
Seraphine Mauwa, une autre membre de la communauté estime que la conservation des forêts doit désormais être considérée comme une responsabilité collective.
"Nous avons compris que détruire la forêt revient à détruire nos propres moyens de subsistance. C'est pourquoi nous sensibilisons les habitants à éviter les feux de brousse, à ne pas couper les arbres sans nécessité et à respecter les espaces mis en conservation. Le retour des champignons nous encourage à continuer dans cette direction."
Pendant plusieurs années, les forêts de certaines zones de Walikale ont subi une forte pression liée notamment à l'agriculture, à l'exploitation du bois et à l'occupation progressive des espaces forestiers. Ces activités ont contribué à la dégradation des habitats naturels et à la raréfaction de certaines ressources.
Face à cette situation, les concessions forestières des communautés locales apparaissent comme un mécanisme permettant aux populations de participer directement à la gestion et à la protection de leur patrimoine forestier.
Dans plusieurs communautés, les habitants sont sensibilisés à l'utilisation durable des ressources. L'objectif n'est pas d'interdire l'accès à la forêt, mais de permettre son exploitation de manière responsable afin que les ressources puissent se renouveler.
C'est ce que souligne Mukisa Simon, un responsable communautaire engagé dans la conservation.
"Nous ne voulons pas seulement protéger les arbres. Nous voulons protéger tout ce que la forêt contient : les champignons, les plantes médicinales, les fruits sauvages et les autres produits dont dépendent nos familles. Lorsque la forêt disparaît, toutes ces ressources disparaissent également."
Le retour progressif des champignons est ainsi perçu par les communautés comme l'un des premiers signes visibles de la régénération des écosystèmes forestiers.
Pour les habitants, cette situation démontre également l'intérêt de leur implication dans la gestion des forêts. Ils souhaitent toutefois que les initiatives de conservation soient accompagnées par davantage de sensibilisation, d'appui technique et d'alternatives économiques afin de réduire la dépendance des ménages à l'exploitation directe des ressources forestières.
"La conservation demande des sacrifices. Si nous devons protéger la forêt, il faut aussi nous aider à développer d'autres activités qui permettent aux familles de vivre sans détruire les arbres. Nous voyons déjà les résultats avec le retour des champignons et nous voulons que cette expérience continue," témoigne Jospin Malunga, un autre membre de la communauté.
Au-delà du champignon, les communautés espèrent ainsi voir réapparaître progressivement d'autres produits forestiers non ligneux qui se faisaient rares.
Le retour de ces ressources constitue donc un indicateur encourageant pour les populations engagées dans la conservation. À Walikale, l'expérience montre que lorsque les communautés deviennent actrices de la protection de leurs forêts, la préservation des écosystèmes peut également contribuer au rétablissement de certaines ressources indispensables à l'alimentation et aux moyens de subsistance locaux.
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