Une période de sécheresse observée entre la deuxième quinzaine d’août et la première quinzaine de septembre 2026 affecte plusieurs cultures pérennes à Kibirizi, dans la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. La rareté des pluies entraîne le dessèchement de certains plants de caféiers et de bananiers et réduit les rendements des petits producteurs agricoles.
Dans cette localité où le café et la banane constituent des sources importantes de revenus pour des nombreux ménages, cette situation suscite inquiétude et désespoir parmi les cultivateurs. Certains producteurs disent assister impuissants au dépérissement de leurs plantations, y compris de jeunes caféiers récemment mis en terre.
C’est le cas de Kasereka Kapitula, producteur de café à Kibirizi. Il affirme avoir perdu une partie de ses caféiers à cause du manque de pluie, compromettant ainsi ses espoirs pour les prochaines années.
"D’abord, moi, j’ai des caféiers matures, ensuite, je plantais d’autres caféiers. Mais là, rien à faire, ils ont séché. Les caféiers matures ont séché, nous ne savons pas jusqu’où nous irons. Alors je suis étonné. La petite richesse que Dieu m’a donnée, c’est le café. Et maintenant, il se dessèche. C’est pourquoi je suis débordé, je ne sais plus que faire. Et le café que j’ai actuellement, c’est ce qui m’a aidé à construire ma maison. Je pensais que ces jeunes caféiers que j’étais en train de planter pourraient aider mes enfants, mais voilà, ils se dessèchent.", raconte-t-il
Au-delà du dessèchement des plants, les producteurs signalent également une baisse du rendement du café. Selon Katembo Malinyota Moïse, la récolte peut donner l’impression d’être importante, mais le poids obtenu après séchage reste inférieur aux attentes, notamment en raison de grains qui seraient insuffisamment développés.
"Nous récoltons du café. Ça nous donne l’impression d’avoir une production abondante. Cependant, sur la balance au marché, haaa, il perd le poids. Il se pourrait qu’il y ait des flottants qui nous paraissent comme s’il y avait dedans des grains de café, alors que c’est vide. Quand nous apprécions le poids sur les balances, ce poids est faible comparativement à ce à quoi nous nous attendions. Autre chose, les caféiers que nous avons plantés récemment n’ont pas poussé. Ils se sont desséchés...", a-t-il déclaré.
La situation touche également les bananeraies. La faible pluviométrie affecte le développement des bananiers et réduit la production destinée notamment à la consommation et à la transformation en boissons locales.
Kakule Taholya, cultivateur à Kibirizi, redoute une aggravation de la situation si les pluies ne reprennent pas normalement.
"Les bananiers risquent également de disparaître. Ils se sont desséchés. Actuellement, nous enterrons les bananes qui s’étaient développées avant quand il y avait un peu de pluies. Mais avec cette sécheresse, la production est faible. Moi, je compte beaucoup sur le bananier, il m’aide à scolariser mes enfants. Certains achèvent leur parcours scolaire grâce au peu que je gagne grâce à la vente de vin de banane, la kasiksi. Il y a peu, on réalisait jusqu’à quinze bidons de vin de banane, mais actuellement, nous ne réalisons plus de cinq ou six. Nous risquons de descendre jusqu’à deux bidons seulement."
Cette baisse de production constitue ainsi une menace pour les revenus des ménages agricoles. À Kibirizi, comme dans plusieurs autres localités de la chefferie de Bwito, le caféier et le bananier jouent un rôle important dans l’économie familiale, notamment pour la scolarisation des enfants, la construction et la satisfaction des besoins quotidiens.
Les producteurs restent donc dans l’attente d’une reprise régulière des précipitations afin de limiter les pertes et de préserver leurs plantations.
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