À l'occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée chaque 21 mars, Greenpeace Afrique a organisé, samedi à Kinshasa, une journée d’engagement public consacrée à la protection des forêts du Bassin du Congo et à la promotion des droits des peuples autochtones et des communautés locales. L’activité s’est tenue dans l’amphithéâtre du rectorat de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), devant les acteurs de la société civile, étudiants, chercheurs et défenseurs de l’environnement autour des enjeux liés à la gouvernance forestière en République démocratique du Congo.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs réformes foncières et forestières en cours dans le pays. Greenpeace Afrique entend ainsi encourager un dialogue ouvert sur la sécurisation des droits fonciers des communautés, la participation inclusive dans la gestion des ressources naturelles et la promotion de solutions durables portées par les peuples autochtones et les communautés locales, souvent désignés sous l’acronyme anglais IPLCs (Indigenous Peoples and Local Communities).
Un cadre d’échanges pour repenser la gouvernance forestière
La journée a été marquée par un panel de discussion sous le thème : "Réformes en RDC : quelles garanties pour sécuriser les droits fonciers des communautés ?". Les échanges ont porté sur les mécanismes susceptibles de renforcer la reconnaissance des droits coutumiers, la transparence dans la gestion des ressources forestières ainsi que l’implication effective des communautés dans les processus décisionnels.
Selon les intervenants, la RDC, qui abrite une part importante des forêts du Bassin du Congo, se trouve à un moment charnière où les réformes politiques et juridiques en cours pourraient contribuer à améliorer la gouvernance forestière, à condition d’intégrer les préoccupations des populations locales.
Dans son mot de bienvenue, professeure Mbuma, vice-doyenne de la Faculté des sciences agronomiques et environnementales de l’UPN, a rappelé que les forêts jouent un rôle déterminant dans l’équilibre de la planète.
« Les forêts jouent le rôle sur l'environnement, éventuellement influencent les régimes des eaux, influencent les sols, l'évolution et la conservation du sol et ainsi que la vie humaine de manière globale », explique-t-elle.
Et d’ajouter :
« La forêt joue également le rôle social. C'est une source importante de produits alimentaires dans certaines régions et sa disparition par le déboisement excessif peut engendrer éventuellement des grands mouvements d'élimination mais aussi de famine. Les forêts ont aussi un rôle hygiénique et sanitaire parce qu'elles assurent l'assainissement de l'atmosphère, c'est-à-dire la pureté de l'air et l'enrichissement de l'air en oxygène, l'ionisation de l'air, l'absorption du CO2 et les déchets d'air. La forêt est l'un des meilleurs facteurs anti-polluants ».
Elle a également souligné que la destruction du couvert forestier contribue notamment aux perturbations climatiques, notamment les sécheresses, les inondations et la dégradation des sols. Elle a également insisté sur l’importance de la formation de la jeunesse aux enjeux environnementaux afin de garantir une gestion durable des ressources naturelles.
Une exposition immersive pour sensibiliser le public urbain
En marge des discussions, Greenpeace Afrique a proposé une exposition immersive et photographique mettant en lumière les réalités vécues par les communautés forestières, leur diversité culturelle ainsi que les solutions locales développées pour préserver les écosystèmes.
Selon Bonaventure Bondo, Chargé de la campagne forêt, Greenpeace Afrique, cette exposition visait à rapprocher le public urbain des réalités de la forêt :
« À travers cette exposition, nous avons voulu donner l’opportunité au public, notamment aux scientifiques, aux étudiants et aux acteurs de la société civile, d’entrer en contact avec la forêt à travers les images. À Kinshasa, beaucoup n’ont pas toujours l’occasion de comprendre concrètement ce qui se passe dans les forêts, les menaces auxquelles elles sont confrontées ou encore les solutions portées par les communautés locales », explique-t-il.
Les photographies présentées ont illustré à la fois la richesse écologique du Bassin du Congo et les pressions auxquelles il est confronté, notamment l’exploitation illégale du bois, l’expansion des activités extractives, pétrolières et minières, ainsi que la déforestation liée aux activités humaines.
L’exposition a également mis en avant la diversité biologique et culturelle présente dans les zones forestières, ainsi que le rôle des produits forestiers dans les économies locales, notamment à travers la pharmacopée traditionnelle et les ressources non ligneuses.
La cérémonie a également été marquée par une plantation symbolique d’arbre, considérée par les organisateurs comme un acte de renouvellement de l’engagement en faveur de la protection de l’environnement.
« Planter un arbre, c’est communier avec la nature et réaffirmer notre responsabilité collective dans la protection des forêts », a souligné Bonaventure.
Pour Greenpeace Afrique, ce geste symbolique traduit la nécessité d’actions concrètes face aux défis environnementaux actuels, notamment la déforestation et la dégradation des écosystèmes.
Les forêts, un pilier de l’économie durable
Pour l’édition 2026, la Journée internationale des forêts est placée sous le thème : "Les forêts et les économies". Ce thème met en évidence le rôle des forêts en tant que moteurs de développement économique durable, au-delà des revenus générés par l’exploitation du bois ou le commerce de matières premières renouvelables.
« La forêt n’est pas seulement une question de climat, c’est aussi une question d’économie. Comme on le dit, toute la production économique provient de la forêt », explique le Professeur Milumbu, Représentant pays de Greenpeace Afrique.
Et d’ajouter :
« Ceux qui travaillent dans l'agriculture peuvent le comprendre. L'élevage de miel, procure un revenu supplémentaire. Et tous les mécanismes de bonne gouvernance, le paiement des impôts, c'est dans ce domaine que l'on parle aussi d'économie. Protéger la forêt, c'est aussi protéger l'économie du pays ».
Les forêts contribuent notamment à soutenir l’agriculture familiale, à préserver la fertilité des sols, à protéger les bassins hydrographiques et à renforcer la résilience des communautés face aux changements climatiques. Elles constituent également une source importante de produits alimentaires, médicinaux et énergétiques pour de nombreuses populations.
Lors de son discours d’ouverture, la rectrice de l’UPN, Yvonne Ibebeke, a rappelé que la RDC occupe une position stratégique dans la préservation des forêts tropicales, le pays abritant une part importante du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie.
Elle a souligné que ces forêts représentent non seulement un patrimoine national, mais également un bien commun pour l’humanité, en raison de leur rôle dans la régulation du climat, la préservation de la biodiversité et la subsistance de millions de personnes.
Elle a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre universités, institutions publiques, organisations de la société civile et communautés locales afin de promouvoir une économie forestière durable, fondée sur la recherche scientifique et la justice environnementale.
James Mutuba
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