La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la structuration de son marché du carbone. Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a promulgué, le 7 septembre dernier, l’Ordonnance-loi n°26/016 portant régime juridique du marché du carbone en RDC.
Portée par la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, cette réforme entend établir un cadre national pour encadrer les activités liées aux crédits carbone et à la valorisation des résultats d’atténuation produits sur le territoire congolais.
Adoptée au préalable par le Gouvernement le 28 août 2026 et contresignée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, l’ordonnance-loi s’inscrit notamment dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris, consacré aux approches coopératives et aux transferts internationaux de résultats d’atténuation.
Un registre national pour encadrer les crédits carbone
Parmi les principales innovations du texte figure la création d’un Registre national du carbone. Celui-ci doit servir à enregistrer, délivrer, transférer, suivre et vérifier les résultats d’atténuation ainsi que les crédits carbone générés en République démocratique du Congo.
Le nouveau dispositif prévoit également un encadrement du cycle de vie des projets carbone. Les différentes étapes, allant du développement et de la validation des projets jusqu’à leur autorisation, l’émission des crédits, le suivi des résultats et leur éventuel transfert au niveau international, sont désormais intégrées dans un cadre juridique national.
Pour les autorités congolaises, l’objectif est de renforcer la transparence et la traçabilité des opérations, mais également de permettre à l’État de mieux contrôler les activités liées à son potentiel carbone.
La souveraineté nationale au cœur du dispositif
L’ordonnance-loi met également l’accent sur la protection de la souveraineté de la RDC et sur l’intégrité environnementale des projets carbone.
Le texte entend notamment prendre en compte les droits et intérêts des communautés locales ainsi que ceux des peuples autochtones pygmées, considérés comme des acteurs essentiels dans la conservation des écosystèmes forestiers.
Cette dimension répond aux préoccupations régulièrement exprimées par la société civile sur la nécessité d’éviter que le développement du marché du carbone ne se fasse au détriment des populations vivant dans ou autour des zones forestières concernées.
La RDC veut valoriser son potentiel climatique
Avec ses vastes forêts du bassin du Congo, son important réseau hydrographique, sa biodiversité et ses ressources naturelles, la RDC dispose d’un potentiel considérable en matière de lutte contre le changement climatique.
Kinshasa entend désormais faire de ce potentiel un levier de développement économique, plutôt que de limiter son approche à la seule conservation des écosystèmes.
La mise en place d’un marché du carbone réglementé doit ainsi favoriser l’émergence de projets susceptibles d’attirer des investissements, tout en permettant à l’État congolais de conserver un rôle central dans la supervision et la valorisation des résultats climatiques produits sur son territoire.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie de la RDC qui se présente comme un « pays-solution » face à la crise climatique, en raison notamment du rôle de ses forêts dans la régulation du climat mondial.
Un nouveau cadre pour attirer les investissements
Entrée en vigueur dès sa promulgation, le 7 septembre 2026, l’Ordonnance-loi n°26/016 constitue désormais la base juridique nationale pour l’organisation du marché du carbone en RDC.
À travers ce dispositif, le Gouvernement mise sur un marché plus transparent, réglementé et susceptible d’attirer des investissements dans des projets à impact environnemental et social.
Le défi sera désormais de traduire ce cadre juridique en mécanismes opérationnels efficaces, notamment à travers la mise en place effective du registre national, les procédures d'autorisation et de contrôle des projets ainsi que les mécanismes destinés à garantir une redistribution équitable des bénéfices aux communautés concernées.
Pour Kinshasa, l’enjeu est double : faire de la richesse écologique de la RDC un actif économique stratégique tout en préservant la souveraineté du pays et les droits des populations qui vivent au cœur de ces écosystèmes.
Des organisations de la société civile congolaise ont appelé vendredi le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à su
La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la structuration de son marché du carbone.
Jusqu’à 36 000 dollars pour reboiser un seul hectare, alors que le taux réglementaire est fixé à 1 800 dollars.
Dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, les efforts engagés par les communautés locales pour préserver les forêts commencent à produire des r